Petite vermine

Pour information, Baroriam d’equestria.social avait réalisé un petit site temporaire similaire à MLPFictions en attendant le développement de la v2 par Hotep et Kawete, histoire que la communauté reste active, mais après deux jours il trouvait que c’était finalement trop de maintenance juste pour une solution temporaire qu’on donnerait à Hotep et Kawete dès qu’ils auront fini, du coup j’ai pris la relève en utilisant l’infrastructure déjà existante de MLP Québec. L’auteur du texte d’aujourd’hui, Wellen, fut instrumental à la réalisation et l’idéation de ces solutions temporaires et on lui en remercie, ainsi que tous les autres qui ont donné un effort pour garder la communauté en vie. Ce texte est un peu violent, donc si vous n’avez pas le coeur pour ça, ne cliquez pas sur « lire la suite ». Sinon, enjoy.

Histoire: Petite vermine
Chapitre unique
Auteur: Wellen
Originalement publiée le 19 décembre 2017 sur MLP Québec
Catégories: Sombre, Violence, déconseillé aux moins de 13 ans
Synopsis: Un poulain va faire une course en ville pour faire plaisir à son père ! Et il le rendra fier ! Et avec un peu de chance, peut être même qu’il aura une récompense. Enfin, ça, c’est si tout se passe bien. Mais bon, tant qu’il ne se trompe pas de panier, tout devrait bien se passer, pas vrai ?

* * *

“Petite vermine !”

Un poulain courait dans les ruelles de la ville, tenant un panier entre ses dents.

Esquivant les divers obstacles qu’une rue pouvait offrir, il galopa le plus vite qu’il pouvait, sa respiration haletante et le sourire aux lèvres. Si il réussissait à rentrer chez lui, Papa serait fier !

“Reviens ici !”

Il revint de sa semi rêverie pour passer en dessous d’un chariot sans s’arrêter. Comme maman disait toujours : “Avoir une petite taille, ça aide !”

L’adulte qui le poursuivait, quant à lui, contourna simplement le chariot pour se lancer à sa poursuite, enjambant difficilement les obstacles que le poulain devait contourner.

Comme le dit Papa : “il n’y a pas que la taille qui compte, l’important, c’est la manière dont on s’en sert !”

Il se retourna pour remarquer que l’étalon ne le suivait plus. Surpris, il ne remarqua pas l’autre qui était devant lui. Il tomba pathétiquement sur les fesses, le panier toujours en bouche.

L’étalon était un étranger, c’était évident. Personne ne se promène avec une cape qui couvrait tout le corps sauf les sabots et les yeux. C’est juste logique, comment on pourrait voir, sinon ? Même lui, et il voulait rester cacher, avait laissé ses yeux découverts. Pas sa bouche, mais quand même. Hey, peut être qu’avec ce qui lui masquait la bouche et ce qui masquait les yeux de l’étranger, ils pourraient faire un masque complet !

L’étranger sourit au poulain, et c’était un mauvais sourire. Il le sentait. Sans demander son reste, il se leva et courut dans une autre direction. Il sentait encore le regard brûlant de l’étranger dans son dos bien après qu’il ne l’ait perdu de vue. Ce qui est stupide, comment quelqu’un peut le voir sans le voir ?

Il sortit de la ville prudemment, en faisant attention de ne pas se faire repérer. Si Papa savait qu’il avait désobéi, ça allait mal se passer en rentrant.

Il se dirigea vers la cabane de ses parents, là-haut, dans la montagne. Pourquoi ils habitaient là-haut ? Papa a dit de ne pas s’en faire, donc il ne s’en fait pas. C’est super logique et sens… Sens… Censuré ! C’est logique et super censuré ! Pfft, il plaignait les poulains obligés d’apprendre à lire les trucs pleins de lettres et de mots. Il connaissait plein de mots tout seul ! Na !

Arrivé chez lui, le poulain ouvrit la porte. Un poignard se pointa sur sa gorge, et il tapota son sabot sur le sol trois fois avant qu’il ne s’enlève.

Papa le regarde avec le sourire ! Yay !

Il commença à faire une petite danse de la joie autour de son père, et lui tendit fièrement le panier.

“Montre moi.”

Papa a toujours eu un ton super solide ! Il ne faut pas lui désobéir !

Le poulain avait des étoiles plein les yeux.

L’étalon ouvrit le panier, son sourire se transformant de plus en plus en colère.

“Corpse, rappelle-moi ce que je t’ai demandé ?”

Le poulain tappa deux fois par terre et une fois sur le panier.

“Corpse, sais-tu ce qu’est ce panier ?”

L’étalon donna un coup de sabot sur la figure du poulain, assez fort pour le faire tomber sur le sol, les larmes aux yeux.

“C’est le panier trois ! T’es même pas foutu de me rapporter quelque chose de valeur ! Je te jure, t’es plus inutile qu’un rat ! D’ailleurs, je pense que tu vas leur rendre une visite ce soir !”

Le poulain se débattait, donnant des coups de sabots inutiles dans le vide pendant que l’étalon le soulevait par sa veste.

“Arrête de bouger ! C’est ta punition ! La prochaine fois, peut être que tu suivras mes putains d’ordres !”

Le père atteint enfin une trappe, qu’il ouvrit avec le sabot. Il jeta ensuite le poulain dans le trou, malgré ses cris.

“Je viendrais te chercher demain ! Réfléchis à ta connerie !”

Le poulain pleura quelques… Minutes ? Heures ? Il n’avait aucun moyen de le dire, dans le noir. Il n’entendait même pas ses propres écho. Il sentit quelque chose lui frôler le sabot, mais c’était que son imagination, pas vrais ? Papa l’aime, il ne l’aurait jamais mis dans cette cave si c’était dangereux et pas mérité, hein ? Dans la cave noire terrifiante et pleine de rats avec des yeux jaunes et des crocs acérés qui peuvent lui dévorer les jambes jusqu’à l’os et qui l’entourent sans doute pour le manger maintenant et et et et-

Il recommença à pleurer en silence, priant pour que le meilleur des Papas du monde vienne le sauver.

A un moment donné, il s’endormit, il pensait. Le poulain voyait plein de rats autour de lui, leurs yeux jaunes brillants et leurs crocs sortant de leurs dents, prêts à l’attaquer, à lui sauter dessus et à le manger, à lui ronger les joues, lui arracher les yeux et-

Une grande lumière vint du plafond, faisant fuir les rats. Papa tenait une lanterne, un sourire bienveillant sur les lèvres.

“Vient. J’espère que tu as appris ta leçon.”

Il se réveilla quand il sentit quelque chose lui chatouiller la tête. Avec un cri strident, il éloigna de l’immonde créature et se plaqua contre le mur opposé, sa respiration s’accélérant. Heureusement que Papa viendrait le chercher et ne laisserait rien lui arriver.

Il sentait aussi son estomac se serrer et faire un bruit bizarre. C’est drôle, ça lui faisait ça souvent ces derniers temps.

Bah, Papa a dit que c’était rien, donc c’était rien. Mais vivement que ça s’enlève.

Il sentait aussi un truc bizarre dans sa bouche. Par réflexe, il passa un coup de langue partout pour voir d’où ça venait, mais à chaque fois qu’il passait, la sensation s’atténuait avant de revenir.

Il décida rapidement d’arrêter, ça lui fatiguait la langue pour rien. Et puis, Papa lui avait dit que c’était pas important, et son Papa était le meilleur poney du monde ! Enfin, il ne connaissait pas tous les Papa du monde, bien sûr, mais c’était qu’une mé-tan-phore pour dire qu’il aimait beaaaauuuucoup beaucoup son Papa.

Et pis, de toute façon, il était sûr et certain que son Papa l’aimait aussi.

La sensation dans son ventre devenait très inconfortable, donc il se roula en boule pour atténuer la douleur. Il essaya de mettre ses sabots autour de sa tête pour s’endormir. C’est drôle, il n’y voyait rien, mais son oeil commençait à lui faire mal. C’est pour ça ! Papa l’a envoyé ici pour qu’il dorme, alors qu’il fait bien noir ! Il ne dormait pas assez, et du coup il avait mal au ventre et à l’oeil ! C’était la seule explication ! Par contre, quand il pensait qu’il avait mal, il se sentait encore plus malade. Il fallait dormir.

Sa nouvelle déduction bien en sabot, il décida de dormir. Cependant, dès qu’il fermait l’oeil, il entendait des petits tapotements tout autour de lui. Il essayait de les ignorer, mais rien n’y faisait. Quand finalement il put fermer l’oeil, il sentit une violente douleur sur son dos. ! Ca faisait mal ! Papa lui avait déjà mis du chaud ici une fois car il avait fait quelque chose de mal !

Il se roula sur le dos, seulement pour entendre en faible couinementet sentir une résistance. Il se roula encore, et le poid sur son dos tomba avec un faible spletch. C’était un bruit bizarre.

Et maintenant qu’il y pensait, il avait encore mal au ventre.

Papa allait bientôt venir le chercher ! C’était obligé ! Il ne savait pas depuis combien de temps il était dans la cave, mais tout irait mieux ! Il y a toujours un arc-en-clel derrière les nuages ! Arc-en-clel ? Clel-en-arc ? Il ne savait pas vraiment. Il avait un peu du mal à réfléchir avec sa gorge qui lui faisait mal.

Il sentit quelque chose d’humide à l’endroit où il avait posé sa tête. Il renifla l’étrange chose avant de reculer sa tête. Eww ! Ca sentait mauvais !

Il recula, mais il avait toujours la bouche sèche et la gorge serrée. Peut être que c’était un cadeau? Fait exprès pour lui ? Même si ça sentait mauvais, ça pouvait peut être guérir sa gorge !

Il s’approcha et donna un petit coup de langue dans la flaque. Il grimaça. C’était pas bon, mais sa gorge allait mieux !

Par contre, il sentait l’étrange odeur du liquide partout sur son bas ventre. Bah ! Ca devait être normal. Il a dû se rouler dedans quand il se battait avec le rat, voilà tout.

En parlant du rat… Il n’entendait plus rien depuis un moment. Peut être qu’il avait décidé de partir et de le laisser tranquille ? Ah ! Il a dû lui faire peur ! Stupide rat, avec ses pattes et ses dents et ses… Trucs… Qui font du bruit quand ils marchent ! Na !

Il se coucha et ignora la douleur de son ventre, qui était elle aussi plus basse. C’était magique ! Il avait moins mal partout ! Enfin, sauf à l’oeil et là où le rat l’avait mordu, mais c’était déjà super !

Il s’endormit encore une fois, et cette fois ci, dans ses rêves, le rat le regardait. Il était par terre, et il était… Trop plat pour être un rat. Pourtant, il bougeait la tête et le regardait pendant qu’il bougeait.

A un autre moment, il était à l’extérieur, devant l’étranger, qui le regardait toujours avec le même sourire. Pourtant, il avait l’air presque rassurant.

“Ca va, Corpse ?”

Quelque chose n’allait pas. D’un sabot tremblant, le poulain souleva la capuche de l’étranger, qui le regarda avec de mauvais yeux jaunes.

“Tu n’aurais pas dû faire ça…”

L’étranger se jeta sur le poulain, qui par réflexe se mit ses sabots devant le visage afin de se protéger, attendant l’impact !

Et rien ne vint. Il ouvrit les yeux, pour remarquer qu’il faisait encore noir. Il ferma les yeux, et les ouvrit à nouveau. Rien ne changeait ! C’était pas normal ! Il était aveugle !

Il poussa un cri strident, mais sa voix était étrangement faible. Un peu comme le cri des crob… Crob… Crobraux ! Aha ! Prend ça, stupide… Noiseau !

Il avait mal à la tête par contre. Sans réfléchir, il retourna à la flaque. Il tâtonna prudemment avant de tomber sur quelque chose de mou. Sans réfléchir, il s’en éloigna. Beuk, ça puait encore plus que l’haleine de Papa après qu’il boive de son truc-que-pour-les-adultes !

Papa ! Voila une pensée rassurante ! Papa viendrait le sauver dans pas longtemps ! Enfin, avec de la chance…?

Nan, il ne pouvait pas douter de Papa ! Il lui devait la vie ! Et plein d’autres trucs !

Son mal de ventre ne s’arrangeait pas, par contre, pas plus que son mal de tête. La flaque s’était vidée, et il devait lécher autour pour avoir un peu du précieux liquide. Ca ne l’aidait pas avec son mal de ventre ou de tête, par contre. Et il se sentait faible. Son oeil et son dos lui faisaient mal.

Il vit soudain deux points jaunes en face de lui. Puis deux autres. Encore deux autres. Et il sentait de la fourrure bouger entre ses sabots. Des pattes s’accrocher aux siennes, et des choses lourdes bouger sur son dos. Il ouvrit la bouche pour crier, mais il sentit quelque chose entrer dans sa gorge. Il toussa et essaya de la déloger, mais rien n’y faisait ! Alors qu’il suffoquait, soudainement, toutes les présences disparurent, comme par magie. Il s’assit, la respiration haletante, avant de remarquer quelque chose de mou dans son dos. Il poussa un cri et se retourna, mais la présence lui rappela quelque chose. C’était comme un sac d’herbe… De la nourriture donnée par Papa ? Il était encore là ! Il s’inquiétait pour lui ! C’était forcément ça ! Sa punition n’était pas encore finie, mais il ne l’oubliait pas !

En touchant le truc mou, il se rendit vite compte qu’il était froid, humide et couvert de fourrure. Peut être que c’est un sac bizarre ? Il tenta de l’ouvrir, sans grand succès. Au bout de quelques minutes, frustré, il donna un coup de dent pour déchirer le sac, qui déversa sur le sol son contenu.

Le poulain le renifla, avant de reculer précipitamment dans l’autre sens. Ca puait trop ! Déjà qu’il avait la nausée et mal au dos, l’odeur écoeurante n’arrangeait en rien sa situation. Peiné, il s’assit dans un coin de la pièce et attendit que le temps passe, et que le meilleur Papa du monde vienne le chercher.

 

A un certain point, il s’était sans doute encore endormi. Il voyait le rat aplati de tout à l’heure, sauf que maintenant il était déchiré au niveau du ventre, des tuyaux bizarres et des liquides s’en échappant. Le poulain ne comprenait pas. Pourquoi est-ce que son ventre se tordait quand il le regardait ? Il devrait être dégoûté, ça, il le savait. Mais quand il voyait ce rat, il avait… Faim. Ce mot lui vint à l’esprit tout seul. Il avait entendu son Papa en parler, bien sûr, mais il ne lui avait jamais expliqué ce que ça voulait dire. Mais ça semblait convenir à son ventre qui se serrait, à l’eau qui lui montait à la bouche. Le rat le regardait fixement, attendant qu’il ne prenne une décision.

Sans perdre une seconde, le poulain se jeta dessus et le dévora.

Le goût était mauvais et spongieux, difficile à mâcher. Il ne pouvait pas mettre le sabot sur ce que c’était. Mais son ventre le suppliait de continuer, et donc il continua de manger, même si sa vue était de nouveau plongée dans les ténèbres. Il sentit aussi un délicieux liquide rafraîchir sa gorge desséchée, même si il sentait quelque chose de mauvais à l’intérieur. Même si le rat puait. Même si ça lui fatiguait la mâchoire de manger cette horrible nourriture. Il fallait le faire, son ventre ne le laisserait pas en paix sinon.

Mais il sentait autre chose. Il avait froid et chaud en même temps, et de la sueur coulait sur ses côtes. Sans s’arrêter de manger, il passa un sabot sur ses côtes, pour se rendre compte qu’il pouvait aussi bien les compter que d’habitude. Rassuré que tout allait bien – Son Papa lui avait toujours dit que ne pas pouvoir compter ses côtes signifiait qu’il allait mal, et que ça serait le cas tant qu’il serait un poulain – il continua son activité. Il essaya de ramasser le rat, mais ses sabots tremblaient. Il le laissa donc sur le sol et continua son repas.

Le rat, bien que gros, fut bien vite fini. Satisfait, il se roula en boule et essaya de s’endormir pour de bon, même si ses sabots tremblaient. Il ouvrit brusquement le yeux, sentant un courant d’air sur sa fourrure. Il regarda la trappe avec espoir, mais aucune lumière n’en s’échappait. Il entendit des tapotements sur le sol, et quelque chose lui agripper la patte. Il poussa un cri strident et s’en éloigna, pour se rendre compte que le rat dévoré le regardait avec des mauvais yeux. Il secoua son sabot, mais il refusait de lâcher prise. Il sentit quelque chose le griffer, puis un autre lui monter sur le dos. Il savait quoi faire. Il se roula par terre, mais aucun résistance ne vint. Il ne sentait plus rien l’aggriper. Haletant, il regarda vers la trappe, ou ce qu’il pensait être la trappe, pour voir la silhouette de son Papa dans le noir, à moitié dévoré. Il se retourna en sursautant, mais se cogna contre le mur, fort. Il avait l’impression que sa tête allait exploser, que toute sa force était partie. Il respirait faiblement, mais son oeil et son dos lui faisaient toujours mal. Il essaya de se relever, mais ses sabots ne lui obéissait plus. Il avait mal au ventre. Pris d’un spasme, il vomit sur le sol. Il était étonné. Il produisait sa propre eau maintenant ? Sa gorge sèche le suppliait de boire, donc il mangea consciencieusement tout ce qui était à sa portée et but tout le liquide. Etrangement, ça n’aidait pas son état. Il voulut se recoucher, quand un courant d’air lui fit lever la tête, et une violente lumière l’aveugla. Mais, au milieu de cette lumière, l’étranger se tenait debout, la lumière lui faisant des ombres. Ses yeux restaient invisibles.

“Ca va, Corpse ?”

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A propos Juju

Juju (aka Yuki Kagayaki) est le fondateur du site BroniesQC. Brony depuis la nuit des temps, il est un programmeur logiciel et web, crée des jeux vidéo dans ses temps libres ainsi que des billets sur BroniesQC.

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